W for WWOOFING

Publié le par François Bernard



Mon aventure canadienne ne serait pas aussi belle et généreuse sans les hôtes qui m'ont accueilli par le biais du Wwofing, le sujet de cet article qui je l'espère apportera quelques informations à celles et ceux désireux de contribuer positivement aux communautés rurales des pays qu'ils visitent. Ils profiterons par ce biais des ouvertures humaines et professionnelles à même de faire de cette expérience un moment d'exception. Les six premiers mois de mon PVT, j'ai donné mon temps et mes savoir-faire à des gens qui en retour m'ont souvent offert des opportunités uniques de profiter de leur pays. J'ai reçu énormément de courrier à propos du Wwoofing et j'ai rassemblé dans cet article toutes les questions et observations émises par mes lecteurs ou d'autres Wwoofers rencontrés sur la route. Le printemps qui brille à l'horizon et le retour de la belle saison nous invitent à préparer dès maintenant les graines que nous choisirons de planter sur les terres accueillantes que nous nous préparons à fouler.

Pour commencer, quelques mots du programme et les fondements philosophiques et juridiques du Wwoofing...

Le Wwoofing s'appuie sur un règlement du code du travail canadien, qui permet un échange de travail contre le gîte et le couvert, sous réserve que la durée du travail n'excède pas le mi-temps et que l'expérience soit de courte durée. Un visa de touriste suffit pour faire du Wwoofing, car il n'y a pas de contrat, ni de rémunération. On évitera cependant de mentionner le WWOOFing auprès des bureaux des VISA ou de la douane, même en tant que touriste. La majorité des officiels ne connaissent pas le programme et peuvent soupçonner un travailleur illégal. Se lancer dans une explication hasardeuse auprès d'officiels suspicieux, dans une langue qui n'est pas la sienne, et après 12 heures de voyage ne me parait pas une option recommandable.

Le Wwoofer adhère au programme via le site Wwoof.ca, ou en se rendant dans un auberge de jeunesse qui délivre l'annuaire et effectue l'adhésion dans le même temps. Une fois adhérant, le Wwoofer peut contacter les hôtes et s'engage moralement à contribuer au réseau, par son comportement avec l'hôte d'une part, et en s'engageant à ne pas partager l'annuaire avec des non-membres. Libre à vous de suivre ou non cette règle. Je ne peux affirmer l'avoir toujours respecté, mais je pense contribuer au réseau en en faisant la publicité auprès de membres potentiels.

Le Wwoofing est autant :

- Un moyen de voyager différemment
- Un moyen de soutenir l'agriculture biologique et des initiatives en faveur d'une vision environnementale et solidaire.
- Un moyen de perfectionner ses talents manuels, linguistique et artistique
- Un moyen de créer rapidement un réseau se soutien et des relations amicales dans son nouveau pays.
- Un moyen d'accéder efficacement à l'emploi et à l'hébergement en milieu rural.
- Un moyen de s'entraîner à la mentalité au travail attendue en Amérique du Nord, la fameuse "Work ethic".

En pratique, Le Wwoofing s'appuie sur une négociation entre l'hôte et son Wwoofer. Cette négociation s'effectue en deux temps :

Le premier contact :

Le courrier électronique me parait être la meilleure manière d'entrer en contact avec les hôtes. Par ailleurs, je ne risque pas de déranger un hôte potentiel en lui imposant une longue conversation téléphonique. Avec les temps, j'ai identifié quelques critères pour un premier contact efficace.

1. L'objet doit comporter le terme WWOOFing, de manière à être facilement identifiable. L'une de mes hôtes dirige une entreprise de rando en kayak. Elle reçoit une trentaine d'emails par jour pendant la haute saison. Elle m'a fait cette suggestion, appréciant de trouver dans l'objet le nom et le motif du contact.

2. Je me présente, en faisant mention des raisons qui me poussent à venir chez l'hôte potentiel. Je liste mes savoir-faire en réponse à leur annonce. Je fais état avec objectivité et honnêteté de mes disponibilités et attentes. Je propose une date et une durée de séjour.

3. Je joins un CV et/ou les références d'autres hôtes qui m'ont accueilli.

4. Si j'ai une assurance de voyage, j'en fais également mention. C'est une donnée apprécié des hôtes et cela montre votre sens des responsabilités.

5. Je formule ma requête et propose un entretien téléphonique. Je laisse un téléphone si j'en ai un.


Le téléphone :

Après la réponse de l'hôte potentiel, l'entretien téléphonique est là pour valider ou approfondir la négociation. C'est le moment de se faire expliquer précisemment le mode de fonctionnement de notre hôte potentiel, de s'assurer de ses attentes et des prestations offertes au Wwoofer, en terme de logement, de temps libre et d'accès aux loisirs environnants. C'est le moment de poser des questions sur le lieu, les activités à proximité, la présence d'autres Wwoofers. C'est surtout le moment de "sentir" son hôte.

La dimension humaine :

Le temps du séjour, le Wwofing impose une relation humaine à plein temps avec des inconnus. Comme nous,  ils vivent un quotidien fait de joie, de peine, de travail et de loisir. J'ai vécu dans l'intimité de ces familles canadiennes, et j'y ai retrouvé tous ce que j'ai vécu avec ma propre famille. Il faut être conscient de cela, que l'on ne paye pas un professionnel du tourisme censé avoir toujours le sourire. On travaille ensemble, côte à côte, on vit, on mange on rit et on pleure ensemble et c'est là que se trouve la beauté de cette expérience.

L'immersion provoque toujours son lot de surprises et de malentendus. Elle permet aussi l'écoute, quand on échange le récit de nos vies et que par cela on guérit ses blessures.

Le travail en Amérique du Nord :

Le Wwoofing m'a permis d'exercer mon métier dans un contexte plus tranquille puisque soulagé de la plupart des contraintes économiques du secteur compétitif. Pour autant, il m'a toujours fallu composer avec les données matérielles et financières de mes hôtes. Travailler avec un outillage réduit, en utilisant des matériaux de récupération, en comptant chaque vis ou chaque boulon. La relation de travail est basée sur le volontariat et beaucoup d'hôtes sont conscients de nos limites, prenant le temps d'expliquer ou d'enseigner le vocabulaire technique du monde professionnel. C'est un excellent exercice pour se mettre au niveau des attentes de ce monde professionnel nord-américain. Il s'agit pour beaucoup de français de hausser notre niveau et d'abandonner nos clivages et nos réflexes inspirés de la lutte des classes. Le système est basé sur le mérite et la capacité à donner son maximum dans la relation de travail. La relation au travail est fondée sur l'efficacité et la récompense de cette efficacité. Ces six mois basés sur le volontariat m'ont préparé à merveille pour l'emploi que j'occupe actuellement. Sans la recommandation de mes hôtes, je n'y aurais jamais eu accès. Sans cette expérience préalable, je n'aurais pas pu gardé mon job avec ma seule culture professionnelle française.

Immersion culturelle, socialisation et pratiques artistiques.

LES CHOSES UTILES :

- Maintenir une attitude respectueuse de l'hôte et de ses biens. Le Canada anglo-saxon est un monde feutré où la politesse est un atout et où l'attitude expansive de notre culture latine suscite autant de fascination que de stupeur. Le rapport à la propriété est une notion clef de cette culture. Il est convenu de demander avant d'utiliser un outil, un espace de la maison quand quelqu'un s'y trouve déjà ou même si le bruit de a vaisselle ne dérange pas les gens dans la cuisine. Comparé à notre verve gaulloise, les canadiens peuvent paraître polis et introvertis. Les conflits se manifestent rarement par la colère, mais plutôt par une attitude passive-agressive. Quelques "lost in translation" plus tard, c'est un bon vieux choc culturel qui nous cueille un soir de fatigue dans une vieille caravane. On est loin de tout, et soudain si proche de nous-même, à fleur d'une nouvelle peau.

- La succession des courts séjours (3,4 semaines) ne laissent pas de temps pour la malaise, et on est toujours libre de repartir vers une herbe plus verte.
- Planifier ses étapes suivantes. Avoir un plan B en cas de mauvaise surprise.
- Voyager léger.
- Avertir de tout changement de programme
- Prévenir une semaine à l'avance de son arrivée ou de son annulation.

Ces conseils font appel à votre intelligence relationnelle et vous invitent à garder en toute occasion une attitude ouverte, courtoise et généreuse. Le bon attire le bon, la mauvais attire le mauvais.


LES CHOSES A EVITER :

- Considérer l'hôte comme un hôtel gratuit
- Mentir sur ses compétences
- Ne pas prévenir de son arrivée
- Ne pas prévenir d'un changement de programme
- Rester trop longtemps
- Voyager sans assurance
- Consommer drogues et alcool avec son hôte ou sur les lieux.
- Ne pas mettre son hôte face à l'obligation de nous demander de quitter les lieux

Gardez en mémoire qu'en cas de conflit ouvert, vous serez toujours invité à partir. Apprendre à identifier les conflits potentiels et maintenir une communication ouverte sur vos motifs de frustration aidera à profiter de cette expérience humaine. Un livre de Communication non-violente est un merveilleux outil pour cela.
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Publié dans Work Ethik

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G
salut françois <br /> je viens de tomber sur ton blog <br /> beaucoup d'information, du vécu de l'authenticité !!!! chapeau pour ton courage et ta persévérance l'ami <br /> j'ai bientôt 49 ans et une furieuse envie de tout lâcher ici rien ne me retiens <br /> je veux être en accord avec moi j'ai passé trop longtemps a me mentir ou a reculer l'échéance <br /> l'appel à cette métamorphose, résonne de + en plus en moi, je pense bientôt tenter cette aventure <br /> bonne continuation a toi et peut-être bien a un de ces jours sur la route
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S
Bonjour François,<br /> Cela fait un moment que j'ai découvert ton blog sur pvtistes.net. J'envisage très sérieusement de découvrir le Canada par le wwoofing.<br /> Je suis en pleine planification de mon voyage (Vallée de l'Okanagan-Ile de Vnacouver-Gulf Islands-Rocheuses).C'est vrai que j'avais encore quelques interrogations sur la meilleure façon d'entrer en contact avec les hôtes. Tes conseils me seront très précieux.<br /> Merci de nous faire profiter de tes expériences et de tes encouragements en faisant la promotion du wwoofing.<br /> <br /> A bientôt. Bonne route pour le reste de ton parcours.
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